PDF -André Bazin, the Critic as Thinker - Springer - Cahiers du cinema No 67
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Cahiers du cinema No 67

André Bazin, the Critic as Thinker - Springer

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André Bazin, the Critic as Thinker - Springer


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Description

CAHIERS

DU CINÉMA

MENSUELLE

DU CI NÉMA

JANVIER

Cahiers du Cinéma NOTRE COUVERTURE Janvier 1957

Tome XII

- No 67

SOMMAI RE

Bella Darvi et François Périer sont,

les principaux interprètes du ClnémaScope en couleurs de Victor Vicas JE REVIENDRAI A KANDARA,

inspiré du ro­ m an de Jean Hougron,

Grand prix du Roman de l'’Acadêmie Française

Ce îilm de suspense d'’u n style très personnel,

a par ailleurs le m érite cîe nous présenter les meilleurs acteurs de composition du ciném a français : Julien Carette,

Jean Brochard,

Marcel Pérès,

dans de savoureuses silhouettes (Production j a d'f i l'm s',

d istri­ buée p a r pox e u r o p a )

Robert Bresson

Claude de Givray

Lotte H

E isen stein

Eric Rohmer

Louis Marcorellcs

Réponse à François Leterrier

Tendre Stroheim

Notes sur le style de Stroheim

Naissance d’un m aître : Dovjenko

Leçon d’un échec : A propos de Moby Dick,

Piccadiily-HoHy wood

Les Films François T r u f f a u t

Luc Mou

Louis Marcorelles

André S- Labarthe

Willy Acher

Jean-Luc Godard

Jacques S ic lie r

43 Une,

éthique de la vulnérabilité (Il T etto )

49 Futur,

La plus belle des vies,

NotreDame de Paris)

Les dix meilleurs films de l’année

P etit Journal du Cinéma

Biofilmographie d’Erieh von Stroheim

Revue des revues

Courrier des lecteurs

Films sortis à Paris du 16 novembre 1956 au 1er janvier 1957

Ne m anquez pas de prendre ,

p- 56 LE

CONSEIL

Z 33 57 60 61 63

CAHIERS DU CINEMA,

revue m ensuelle du Ciném a e t du Télé-cinéma,

Champs-Elysées,

PARIS (8e)

Jacques Doniol-Valcroze et Lo Duca

Directeur-gérant : L

To u s'droits réservés —

Copyright by tes Editions d'e l’Etoile

K I]|* 0 \ S I ]

DE ROBERT BRESSON

à François Leterrier

Ce n 'est pa s'to u r de rassis e n te n d'e m e n t de nous ju g er sim p le m e n t p a r 7ios actions de dehors

il f a u t so n d'er ju squ ’au dedans,

e t vo ir par quels ressors se donne le bransle

d 'a u ta n t que c'est u n e h a zardeu se e t h a u te en treprin se,

je voudrois que m oins de gens s’en

Je vou drois que ch acu n escriv ist ce qu’il sçait,

e t a u ta n t qu’il en s'ç a it

MONTAIGNE

Leterrier que m erveilles- N e tom bons pas d'’un excès dans u n autre excès

Leterriei* n’est pas encore un sot

Qu’il relise la fable,

à l’envers et com m e ceci : un rossign ol tom be à la rivière

H cliante,

parce qu’il sç croit perche sur la plus haute branche de l’arbre,

laq u elle n’est que son reflet dans l’eau

ROBERT BRKSSOIV»

LES D'I X MEILLEURS FILMS DE L’ANNÉE ★

La publication de ces listes des « Dix meilleurs film s't/e l’année

» appelle un certain nombre d'’observations : 1° Il s’agit évidemment des film s'présentés à Paris ou cours de l’année 1956,

leur date de production pouvant être plus ancienne

' 2° // ne s’agit ni d’une liste a Cahiers »,

ni d’une liste « Conseil des Dix »,

m d'’une liste éventail de tonte la critique

L'e dosage choisi correspond au désir d'atteindre à une certaine objectivité en y faisant figurer plusieurs tendances à l’exclusion de celles franchement anti« Cahiers »

Liste d’amis donc,

mais souvent en désaccord aoec nous

publier toutes les réponses reçues

celles éliminées ne ï’oni été que dans la mesure où elles en doublaient- d'’autres de trop près

Pour choisir entie ces « doubles »,

nous n ’avons tenu compte que de la chronologie dans la réceptîpn "des réponses

Ceci dit,

nous contenons que ce choix posait d'’insolubles cas de conscience et nous salions bien que c’est la mort dans l’âme que beaucoup ont dû trancher entre des film s'qui se Valaient

L'e lecteur pourra s’amuser à déceler les obligatoires partis pris et les critères précis qui ont conduit certains à donner à leurs listes une signification de tendance plutôt quel de classe­ ment

De l’ensemble des réponses complémentaires U ressort que fa plupart auraient souhaité disposer de 20 à 25 places

entrer en compétition avec les autres films

nous confions nos lecteurs à nous adresser,

dont nous serons heureux de confronter les résultats avec le présent palmarès

Henri A gel

U n condamné à mort s’est échappé

L'’A m ore

Sourires d'’une nuit d’été

La Mère

Il Bidone

Le T oit

Un petit carrousel de fête

P itnic

Lifeboat

A ndré Bazin

U n condamné à moit s’est échappé

Il Bidone

La fureur de vivre

Elena et les homm es

Bus Stop

Sourires d'’une nuit d'’é té

L'Am ore

Gervaise

L'’Homme qui en savait trop

C h a r le s'B its c'h

Nuit et Brouillard

Dossier secret

Elena et les hommes

La peur

La charge des tuniques bleues

L'’Amore

La fureur de vivre

La cinquième victime

Bus Stop

U n condamné à mort s’est échappé

Pierre Braunberger

Un condamné à mort s’est échappé

Attaque,

Nuit et Brouillard

La fureur de vivre

Sourires d'’une nuit d’été

Le ballon rouge

Bus Stop

La traversée de Paris

Gervaise

Jean Domarchi,

\L a fureur de vivre

Dossier secret

Beau fixe sur New York

Brigadoon

La cinquième victime

La charge des tuniques bleues

Le bandit

La croisée des destins

L’homme au bras d'’or

Un condamné à mort s’est échappé

Nuit et Brouillard

Dossier secret

Sourires d'’une nuit d'’été

Gervaise

La Mère

Elena et les hommes

Baby Doll

Claude de Givray

La cinquième victime

Dossier secret

Elena et les hommes

La peur

L ’homme qui en savait trop

La fureur de vivre

Bus Stop

La charge des tuniques bleues

Artistes et modèles

Et Dieu créa la femme

Jean-Luc Godard

Dossier secret

Elena et les hommes

L'’homme qui en savait trop

Bus Stop

Deux rouquines dans la bagarre

Fièvre sur A natahan

Un condamné à mort s’est échappé

La peur

La croisée des destins

Ma sœ ur est du tonnerre

Pierre Ka9i

Beau fixe sur New York,

Sourires d'’une nuit d'’été

Un condamné à mort s’est échappé

Il Bidone

Nuit et Brouillard

Grand’rue

Les sur­ vivants de l’infini

La fureur de vivre

La traversée de Paris,

Ro^er Leenhardt

— L'Sourires d'’une nuit d'’été

Un condamné à mort s’est échappé,

La traversée de Paris,

11 Bidone

Elena et les hommes

Pic­ nic

Le mystère Picasso

Grand’rue

Claude Mauriac

La fureur de vivre

Elena et les hommes

Un condamné à mort s'’est échappé

La traversée de Parîs

Sourires d'’une nuit d'’été

Dossier secret

Gervaise

Jean Mitry

Sourires d'’une nuit d''é té

U n condamné à mort s’est échappé

Gervaise

La fureur de vivre

La traversée de Paris

Lifeboat

Le ballon rouge

Alain Resnaïs

— (Sans ordre préférentiel)

Il Bidone,

La fureur de vivre,

La nuit du chasseur,

Les survivants de l'infini,

La mort en ce jardin,

Attaque,

Un condamné à mort s’est échappé,

Pour le Roî de Prusse,

Beau fixe sur New York

Jacques Riüette

Nuit et Brouillard

L'’Amore

Dossier secret

Elena et les hommes

La peur

La cinquième victime

La fureur de vivre

La charge des tuniques bleues

Fièvre sur Anatahan

Eric Rohnier

Dossier secret,

Elena et les hommes,

Un condamné à mort s'est échappé

L'’homme qui en savait trop

La peur

Fièvre sur A natahan

La cinquième victime

La charge des tuniques bleues,

'La fureur de vivre

Sourires d'’une nuit d'’été

François Truffaut

Nuit et brouillard

L'’Amore

La fureur de vivre

Elena et les hommes,

Dossier secret,

Un condamné à mort s’est échappé,

Le bandit

Picnic,

Baby Doll,

Et Dieu créa la femme

Jean-Pierre Viûet

Sourires d'’une nuit d'’été

Un condamné à mort s’est échappé

H Bidone

La cigale

G rand'rue

Elena et les hommes

La fureur de vivre,

The DeinVs Passkey,

avec Mae Busch (en reflet) et Mande George (à droite)

STROHEIM

par Claude de Givray E n h o m m a g e à Erich vo n Stroheim ,

la C in é m a th è q u e F r a n ç a i s'e a présen té s'e p t de ses f ilm s,

seuls T h e D'evil’s Passkey,

d o n t il n ’existe plus aucune copie e t d'o n t la U niversal a d'é tru it le n ég a tif,

e t W alking D'ow n Broadw ay que p erso n n e ne v i t e t ne v e rra ja m a is,

é ta n t a b se n ts de c'e tte r é tro sp e c'tiv e

Il y a cinq' m o is,

a n glais » a v a it d'é jà pro u vé Vintérêt d'’u ne p ro je c'tio n chronologique des film s'd'’u n g ra n d'cin éa ste

la p o rté e de son œ u v re nous a p p a ra ît d’a u ta n t plus c'la ire m e n t que nous apprécion s'm ieu x le p o id s'qu’elle f i t p eser sur lès épaules des c'o n te m p o ra in s'e t des génération s's u iv a n te s

R é su m er les scénarios des film s'd'e S tro h e im s'e r a it u n e en tre p rise h a sa r­ deuse

co m m e nous Vont m o n tré « L'e s'feu x de la S a in t-J e a n » ou « P o to

le gén ie de leur au teu r S’accorde m a l'd e la litté r a tu r e

D'an s'The Merry Widow,

la scène ch ez M a x im ’s en tre Mae M u rray e t Joh n G ilb ert n e v a u t que p a r la m o d'e rn ité du je u : sur le découpage,

elle n e p o u v a it être qu’u ne tr is te série de c'h a m p s-c o n tre ch am ps

C’est pou rquoi,

R u p e r t Julian,

te ch n icie n sans im a gin atio n ,

échoua to ta le m e n t lorsqu’il r e p r it le s'c'r ip t in itia l'po u r te rm in e r M erry-G o-R ound

seuls les m yopes h é s'ite n t encore à

sép arer Te bon grain de l’ivraie

D ’a u tre pa rt,

on ne p e u t espérer faire te n ir u n océan da n s'une c'u v e tte : plus que jam ais,

con den ser c’e s't tra h ir

le « d'ig e st » de T h e W edding March,

conçu p a r Josef von S tern b erg au d'é b u t de The H oneym oon,

e s't une pénible d'éfig u ration de Voriginal : c'’est sur la durée que la p re m iè re ren con tre en tre la p e tite M itzi e t le prin ce N icki d'e v ie n t sublim e : raccourcie,

elle ressort du rom a n à quat'sous

C h ez S troh eim ,

to u t est ry th m e : ses co n ce p tio n s'au tocratiques de la m ise en scèn e s'o n t celles d'’un co m p ositeu rc h ef d'’o rch estre d'o n t seule la b a g u ette p e u t im p rim e r le te m p o adéquat

Ne vo u la n t pas nous faire les com plices des va n d'a les qui tro n q u è re n t p re s­ que tou s'les film s'de Stroheim ,

à la con d'en sation nous a vo n s'préféré la subîijn ation

doit plus sa considération à s'a réputation q u 'à ses œuvres

Ceux qui en parlent se rapportent habituellement à ses interprétations alimentaires ou,

à quel­ ques souvenirs de Folies de teimnes ou des flapaces : leur excuse est grande

très peu seule­ ment ont eu l'occasion de revoir ses réalisations

Dans les histoires du cinéma,

les jugements sur Stroheim relèvent continuellement de l'approximation

la mémoire défaillante de l'exégète se raccroche à certaines sensations fortes et,

comme la reconnaissance du glouton optique outrepasse toute autre référence esthétique,

les remarques sur le sadisme et les perversions sexuelles y reviennent couramment Les allusions littéraires servent parfois à dissimuler l'embar­ ras : « L'art de Stroheim atteint à une sorie de iurie de l'ignoble,

analogue à Ja déforma1ion gigantesque de Céline » (Bardèche et Brasillach)

à se faire le fidèle écho des slogans publicitaires forgés de toute pièce par les grandes firmes pour lesquelles Stroheim travailla

Cependant,

quiconque s'est un peu intéressé aux déclarations de Stroheim qui ont paru ces dernières années dans la presse,

ne peut manquer de constater le désaccord existant entre leur style,

émouvant,

déchirant et l'homme luî-même tel qu'on nous le présente,

En 1948,

il confiait alors qu'il espérait encore imposer aux producteurs le scénario des Feux de la Sain-Jean dont un roman fut un pis-aller : « Moralement,

je n'ai jamais été aussi fatigué que ces jours-ci et pourtant,

Monte-Carlo tel que Stroheim le lit reconstituer pour Foofjsh )Ÿives

Ou encore

: « Bien souvent j'ai travaillé sous la direction de metteurs en scène,

On me proposait des sypnopsis intéressants et b eau ­ coup d'argent dont on me donnait déjà une partie,

/e signais Lorsque le jour de tourner arrivait,

on me donnait un découpage impossible,

mais j'avais accepté et dépensé J'argenf j'étais bien obligé de jouer

Itroh eim ,

l ’hom m e que vous aimerez haïr Stroheim s'est longuement expliqué sur le chantage spirituel auquel se livrèrent les publi­ c'ité s'de Hollywood,

et sur les circonstances qui entourèrent la naissance de son mythe

Durant la première guerre mondiale,

il incarna à plusieurs reprises dans des films de propagande des iôles d'oîficïers allemands,

nécessairement antipathiques

La paix retrouvée,

lorsque Stroheim s'installa à son propre compte,

dans la p e au de séducteurs irrésistibles,

il ne put se défaire de l'aversion qui marquait ses créations précédentes et resta toujours aux yeux du public am é­ ricain un * Duity Hun »

Mais comme son pouvoir attractif ne devait pas être contesté,

la Universal eut l'idée de faire de lui « J'homme que vous aimerez haïr »

La condition de la célébrité cinématographique est inhumaine,

les moindres particularités physiques ou morales sont multipliées,

les répercussions du plus petit écart dé conduite amplifiées

Ainsi Stroheim raconte que le devis,

loin de constituer un handicap,

devint une coquetterie du studio

on afficha sur un irrtmense panneau,

érigé en plein New York,

le prix que coûtait alors le film

Chaque semaine les pompiers venaient avec une grande échelle et modifiaient les chiffres inscrits sous le titre du film et sous le nom de son auteur dont l'S représentait le symbole du dollar

Par contre,

on ne connaît dans la vie privée de Stroheim aucun scandale sentimental,

aucune extra­ vagance financière

Voilà pour la légende de luxe et de cruauté

On n ’a pas tous les jours deux lo is vin gt ans Stroheim est né en 1885

sa grande période créatrice se situe donc autour de sa quaran­ tième année

Chamfort,

écrit : « Quiconque a quarante dns et n'est pas misanthrope n 'a jamais aimé les hommes

» Si l'auteur des Jïapaces n 'a aucune illusion sur la nature humaine,

c'est qu'il a trop pris à cœur le sort de ses semblables

« Mon cœur était cassé »,

Cet état d'esprit évoque celui d'un autre réalisateur de la même génération,

avec lequel Stroheim semble apparemment n'avoir aucun point commun,

si ce n'est le pays d'origine : il s'agit de Fritz Lang

Chez l'un comme chez l'autre,

nous- retrouvons le même réalisme amer à l’égard de Y * american w a y oi lïîe »,

un semblable goût pour les grandes machineries et une franchise sexuelle comparable : rappelez-vous la danse du ventre de Brigitte Helirî dans M’etropoiis,

le carnet d'adresses galantes de Richard Conte dans La femme au gardénia et les avances brutales de Ida Lupino dans La cinquième victime

Tous deux- trahissent un conüit moral dans l'ambivalence de leurs aspirations

Leurs héros sont presque toujours attirés p ar les deux pôles contraires de la féminité,

que se soit le prince Wolfram,

partagé entre sa reine pervertie et sa pure petite Kelly,

ou le jeune dauphin de Afetropolis,

tiraillé entre une danseuse démoniaque et "une prêtresse virginale

Il n'est pas question de poursuivre un parallèle qui risquerait bien fort de ne plus être euclidien,

mais ces quelques remarques peuvent servir à préciser les dispositions d'esprit de Stroheim,

qu'Hollywood excommunia pour délit d’opinion,

cousine germaine de celle d'un Fritz Lang obligé,

pour conserver ses prérogatives,

de feindre l'abandon de ses ambitions d'anlan

Les réalistes n'ont jamais eu bonne presse,

pas plus en Amérique qu'ailleurs

au temps où les produits hygiéniques étaient moins répandus,

fut accusé * de mettre sur du papier blanc ce que d'autres mettaient sur du papier journal Jean Henoïr,

et encore plus à Stroheim {il reconnaît volontiers avoir vu plus de dix fois Folies de femmes avant de réaliser Mana),

doit aujourd'hui distiller son amertume dans des fantaisies

Stroheiiii,' uü peu,

beaucoup» passionnément La marche nuptiale est dédiée « à fous les amoureux du monde »

Certains,

Pourquoi ne pas croire plutôt à la sincérité,

? L'amour est le plus joli péché du monde,

puisque pour Francelia Billington,

Stroheim a sculpté la petite fleur bleue germanique,

pétale par pétale,

dans la cire épinglée aux rameaux idylliques qui abrite l'innocent commerce du prince Nicki et de la petite Mitzi

Sur huit de ses films

Chevaux de bois,

Ler veuve joyeuse

La marche nuptiale et Queen Kelly sont des drames romantiques,

qui racontent l'éternelle histoire de la passion contrariée d'un patricien pour une plébéienne

Certes,

les films de Stroheim ne sont pas des spectacles de patronage

les petites culottes y tombent comme des mouches,

Les difformités physiques et morales abondent,

mais n'exaltent jamais tant la bonne santé des corps et des esprits

En ce qui concerne Les Rapaces,

la réaction joue en faveur de l'assistance où,

on ne se sent plus près d'envoyer l'avarice à tous les diables

l'énormité des anomalies mises en scène provoque l'éclatement des créa­ tures stroheimiennes,

dont on pouvait croire certaines perdues sans rémission

Tout le monde se souvient au moins,

de l'épisode de la femme de l'am bassadeur et du militaire à la cape : à plusieurs reprises,

l'insouciante laisse tomber son livre — dont le titre « Foolïsh Wives » laisse supposer qu'il s'agit du découpage cinématographique — mais,

devant l'impassibilité de l'homme,

se baisser elle-même pour le ramasser

Au moment où ses pensées pour le soldat sont les plus cruelles,

lui feront découvrir la- vérité

Honteuse,

Miss Dupont multipliera alors,

Certains,

déplorent sévèrement ces effusions et critiquent le jeu des interprètes,

une direction d'acteurs qui est des plus modernes

Pour ma part,

j'y vois la plus grande image de la ten­ dresse de Stroheim : lorsqu'une femme futile,

retrouve sa sensibilité perdue et

prêtant ainsi un instant ses bras au mutilé,

elle atteint à la beauté suprême d'une Vénus de Milo

Claude de GIVRAY

Les hôtesses de lu maison de tolérance étaient rassemblées dans une scène coupée de • The Merry Wîdou>

Stroheim pendant le tournage de ln scène finale de Greed avec Gibson Gowland

NOTES SUR LE STYLE DE STROHEIM par Lotte H

Eisner Erich von Stioheim est,

l'un des trois grands du cinéma américain,

ces géants isolés autour desquels semblent planer un vaste espace d''air des cimes

Leurs conceptions respectives de la vie diffèrent absolument

GriilUh contemple toujours le monde d'un air attendri et,

même s'il dépeint parfois les méchants bien noirs,

même s'il nous montre,

le Berlin affamé du temps de l'inflation,

le titre du film n 'a aucune intention ironique

Malgré son « J'accuse > contre l'intolérance des hommes,

il a une confiance pieuse dans le cœur humain

La fm conte de fées d'e Isn't Life Wondertul

? n'a pas été seulement imposée à s'a grande âme par les exigences du « ftappy end >

la vie est vraiment merveilleuse pour Griffith,

pourvu qu'il puisse tourner ses films,

dans tous les hauts et les bas de l'existence,

il découvre la présence divine

" Le monde de Woman of Paris et de Monsieur Vexdouxt où il faut dévorer pour ne p as être dévoré,

est plus proche de celui de Stroheim

Mais la conception désabusée de Chaplin reflète une tendresse désespérée pour l'humanité qui aboutira à la douce,

Stroheim a en commun avec Chaplin ce courroux sacré de grand moralisateur,

mais chez lui la tendance humanitaire est moins facile à discerner

(Serait-ce parce que nous n'avons de lui que des films muets,

dans lesquels il n'a pu exprimer p ar un commentaire toutes ses inten­ tions

?) Ainsi le spectateur non averti demeure,

stupéfait de la férocité de ses îilnls

Le monde de Stroheim est un Enfer dantesque,

à travers lequel semble tracé en lettres de feu : « Vous qui entrez,

» Ce sont des larmes de sang,

Chefs=d’œ uvres mutilés Metteur en scène semblant marqué d'une malédiction,

n'arrivant jamais à superviser le montage de ses films,

Stroheim se heurte partout à d'insidieux obstacles

On n 'a r depuis toujours,

de m assacrer ses chefs-d'œuvre

Là où les mains d'une monteuse indifférente ou- d'un « bon collègue' » n ’ont pas réussi à opérer leurs ravages,

c'est la censure qui s'en est chargée

Il manque aujourd'hui bien des scènes de son premier film Blind Husbands (1918) pour lequel étaient prévues seulement 8 bobines

The Devil's Passkey (1919),

Foolish Wives (1921),

conçu en deux parties pour éliminer du * double feature program » l'inévitable mauvais film de complément,

il en reste aujourd'hui moins de 14

Dès sa sortie,

la meute se déchaîne : on écrit que ce film est une insulte aux idéaux américains,

à la femme américaine

on signale qu'il faut le déconseiller aux familles

Le script de Meiry-Go-Round (1922) fut,

comme c'e lu id e tous ses films,

conçu p a r Stroheim lui-même

Irving Thalbeig,

alors omnipotent chez TJnïversal et qui avait déjà fait amputer Fooiis

après le tournage de quelques séquences,

le soin d'achever l'œ uvre à un autre metteur en scène,

Rupert Julian,

! Et que dire du m assacre de Greed (1923)

? De ses 42 bobines initiales,

Stroheim en choisit 24,

qu'il confie à son ami Rex Ingram

Celui-ci les réduisit consciencieusement,

jusqu'à la dernière limite possible

à 18 bobines

Ne goûtant guère le non-conformisme de Stroheim,

Thalberg demeure implacable

A l'époque où certains films ont jusqu'à 12 ou 13 bobines,

Greed est réduit à dix pauvres bobines i Puis,

c'est au tour de la censure d'amputer The Meiry Widow (1925) et The Wedding Maich (1927)

Ennemi déclaré de Stroheim,

Josef von Stemberg,

coupe à contresens dans les scènes d'amour sous les pommiers en fleurs,

détruisant ainsi leur rythme

Est-ce lui ou quelqu'un d'autre qui a,

dans la seule version qui reste semble-t-il,

The Honeymoon (1927),

d'un trop long « digest * de la première partie,

? Quant à Queen Kelly (1928),

œuvre encore en tournage lors du bruyant avènemént du parlant,

Gloria Swanson désireuse d'exploiter commercialement les séquences déjà tournées (que Stroheim considéraient comme la simple ébauche d'un prologue) les a fait monter telles quelles,

sous la forme d'un long métrage

Pourtant Queen Kelly,

L’am o u r nncillaire chez S tro h e im : d'a n s'Fooîish IViVes,

la servante (D ale Fuller) am oureuse de son m a ître (Erich von Stroheîm )

l'œuvre la plus mûre de Stroheîm,

nous éblouît de la longueur des scènes,

étirées bien au-delà < Last but not least »,

son seul film entièrement p ar un autre

Il ne reste plus rien Hello,

Sisfer J

encore de telle façon que l'on soutire à peine de la volonté du réalisateur (1)

parlant Walidng down Broadway (1929) fut refait de Stroheîm dans le pitoyable remake intitulé

U n ité de sujet,

unité dans le choix des acteurs Blind Husbands,

The Devil's Passkey,

Fooîish Wives,

films de sa « première époque »,

sont des variations sur un seul thème l'étem el triangle Adam,

Eve et le serpent,

en l'occurrence le mari américain obtus,

la femme insatisfaite eî le séducteur continental

dans les deux cas,d'un exemple unique

Perspicace critique social,

Stroheim a devant les yeux la longue lignée des maris américains,

acharnés à « faire des dollars »,

et de leurs femmes jamais assouvies,

proies faciles pour les Don Juan du continent

Ces histoires sont typiques de la vie facile d'avant 1914,

ou du désir effréné de vivre qui suivit la première guerre mondiale,

La montagne autrichienne (Blind Husbands),

Paris (The Devil's Pass­ key) ou Monte-Carlo (Fooîish WivesJ ville des plaisirs faciles,

Puis apparaît la * deuxième époque » : celle où derrière le leitmotiv,

le conte doux-amer de la petite roturière qui ne peut épouser le prince de ses rêves (histoire bien viennoise de la « s'fisse Mâderl »,

hante également les iilms allemands,

ou autrichiens de flosemnanfag,

Alt Heidelberg,

Liebelei à M ascarade et à Episode),

se cache une vérité plus profonde

L'écroulement lent de l'empire des Habsbourg,

dans un satanique crépuscule des Dieux,

L'amour-haine de Stroheim,

observe implacable­ ment les derniers sursauts spasmodiques de la Vienne impériale,

aussi bien dans l'ébauche de Merry-Go-Hound que dans The Wedding March ou The Honeymoon

Bien qu'ayant pour décors des royaumes de fantaisie,

toutefois bien * Europe Centrale »,

que fa C in é m a t h è q u e F r a n ç a ise prùsènte,

H enr i L'angtois a fait c'o u p e r ,

sur la d'e m a n d'e de Stroheim,

i a iin a jo uté e p a r G lo ri a Sw a n so n où Kelly n 'e s't p a s'sau vée

ma is m e u r t no y é e ta n d'is que le prince,

se suicide d'e v a n t son cercueil

Cesare G ravina et Dale F u ller d'an s'un plan de M erry-G o-R ound signé

Stroheim

intrigues de The Merry W idow et Queen Kelly en diffèrent peu

Mais ici la * süsse Maderl >,

devenue riche héritière désabusée,

se changera en femme sophistiquée,

cousine de ces femmes fatales qu'incarnent Maude George — curieusement proche de la fameuse marquise ides « Liaisons Dangereuses » — ou Seena Owen,

Le séducteur dépravé de la première époque a subi une transformation : il découvre

s'il fait parfois encore quelques concessions à l’amour vénal,

Stroheim emploie Maude George,

Zasu Pitts,

Gibson Gowland,

Cesare Gravina,

Dale Fuller,

Georges Fawcett,

George Nichols

Deux films,

sont en dehors de cette ligne : Greed et WaJking clown Broadway,

qui ont pour cadre l'Amérique

« D'as sü sse Maderl » et le souvenir de Griffith On retrouve,

maintes traces de l'influence de Griffith (2),

contrepoint allégorique de Greed,

scènes symboliques de The Wedding March,

l'image touchante de la petite fille douce et pure,

qui ne trahit pas seulement l'atavisme viennois de Stroheim : la « süsse Maderl » ressuscite la * little darling » au chapeau de paille

Capelines rabattues ou relevées comme une petite auréole,

ces chapeaux encadrent des visages dont le type est bien celui des années vingt,

Yeux immenses qui flottent (3),

petite bouche aimante (ce n'est que plus tard que Joan Crawford met en vogue la grande bouche provocante)

Souvent le nez semble effacé,

comme dans un portrait de Marie Laûrencin

Seulement,

les petites filles de Griffith,

même quand elles succombent ou sont mariées,

trouvent dans leur innocence une sorte de voile protecteur

Les petites filles de Sfroh'eim,

plus (2) R appelons que Strohei m' a été l' a s's i s't a n t de Griiîith (v oir fil m ogra phie )

V oir les im m e nses yeux cu rie ux des act ri ces f r a n ç a is e s'de l''é p o q u e :

G ina Manès,

Catherin,e Hesaling

parenté entr e M a e Aturray,

la pe tite da ns eus e de M e r ry W id o w ,

et la Narra d'e Renoir (1926) est-elle une c'o ï n c'i d'e n c'e

ou s'’agit-il sim plement du typ e commun à une é p o q u e '

Professionnels attendris,

« en foule innocence ef avec fouf ie désir de les priver de leur innocence »

Dans le désespoir de ces petites filles se glisse parfois un geste à la Griffith : pour ne pas hurler de douleur,

elles enfoncent leurs doigts dans la bouche

De même,

lorsque dans Greed McTeague prend dans sa grosse main le petit oiseau tombé du nid,

il l'em brasse sur le bec d'un de ces mouvements tendres que Stroheim a appris chez Griffith : mais ensuite,

sans hésitation ■—■ et cela est bien de Stroheim — il jettera dans l'abîme 2e cam arade qui,

Même contraste chez la camériste de Fooîish Wives,

qui libère le canari de s'a cage avant de mettre le feu à la tour ou se trouve 1© couple qu'elle veut faire périr

• Autre geste hérité de la sensibilité de Griffith transposé p a r Stroheim,

freudien avant ]a lettre : l'émouvant gros plan où,

à la première étreinte des jeunes mariés,

se dressent tout à coup sur leurs pointes,

signifiant que la jeune refoulée aurait pu répondre à l'amour d'un mari plus compréhensif

Nous retrouverons ce gros plan,

dans Queen Kelly et dans The Crowd de King Vidor

■Petits visages lumineux ou parfois estompés,

masse de cheveux vaporeux flottant autour du tendre ovale d'’un visage aux grands yeux éperdus

Il se peut que la jeune ingénue soit brune et la femme sophistiquée une blonde platinée,

les boucles brunes de la c'susse Mâderl » ont un halo lumineux

Ces visages prennent parfois un aspect lunaire : la chair,

devient fluorescente et semble augmenter de volume,

sans que les traits en soient grossis

Zasu Pitts,

la princesse boiteuse de The Honeymoon,

meurt ainsi dans un lit paysan,

couronnée de la masse blonde de s'a chevelure,

r é p l'i q u e de 2'auréole du Christ pendu à son chevet

éclairages tamisés tissés de lumières tendres : dans l'église,

c'est à travers les flammes des cierges,

qu'apparaît le visage de Kelly-GIoria Swanson et leur lueur inonde s'a pâleur de jeune amoureuse

Même jeu de bougies au souper des deux amants

La scène de Meiry-GQ-Round où,

derrière la tête illuminée de Mary Philbin,

la lumière chatoie sur une vitre dépolie parmi les ombres des passants,

Jeux de flous aussi dans certains moments dramatiques

La blondeur de Mae Murray,

ne sont plus qu'une tache blanche vidée p a r l'effroi quand,

le vieux baron de The Merry Widow s'approche de la couche nuptiale

sous les pommiers en fleurs de The Wedding March qu'agite soudain un vent diabolique,

Un flou semblable entoure la Zasu Pitts de Greed lorsqu'elle grimpe,

nue sous l'ample manteau de ses cheveux,

dans son lit d'avarice tapissé de pièces d'or

Stroheim éprouve la même tendresse pour les femmes méchantes

Il fait filmer de loin la reine perverse de Queen Kelly,

l'enveloppant du « sfumafo » d'un flou voluptueux,

puis la caméra avance vers elle,

mais tout l'éblouissement du « soff jfocus » persiste

Vénus nacrée sortie des écumes,

la reine au blême visage de droguée,

à la chevelure quasi fluide,

promène sa nudité provocante parmi les gardes blancs de son palais portant devant elle,

Ces visages de jeunes filles en fleur,

prennent sous le flou une a p p a­ rence voluptueuse de fantômes,

de visions romantiques envoyés par Dieu ou par le Diable

L'amour ancillaire chez Stroheim est une variante de l'amour pour la petite fille bourgeoise et lui sert de repoussoir

De sévères corsages noirs,

de longues et pudiques jupes noires,

contras­ tant avec le bonnet coquet,

rendent ces soubrettes bien aguichantes

La pauvre camériste de Fooîish Wives,

dont on aime mieux le porte-monnaie que la laideur,

intro­ duit une note d'ironie

Stroheim s'am use parfois à rehausser la laideur d'une femme : il fait noircir les narines d'e Dale Fuller pour rendre son nez plus camus encore au milieu d'un pitoyable visage écrasé

Il est d'ailleurs étrangement attiré,

comme p ar les infirmités de l'âme,

p ar les corps estropiés: dans son taudis romantiquement bigarré,

la sorcière de Fooîish W ives clopine sur ses béquilles et,

la caméra suit amoureusement la jeune mariée boiteuse durant tout le long trajet du cortège

Est-ce par hasard que la jeune femme de l'am bassadeur de FooJish Wives se foule le pied ou que la jeune Mitzi de The Wedding March sautille,

? Un Stroheim qui insista si longuement sur la fameuse scène de l'officier amputé n'aurait certainement pas,

éliminé la séquence de l'artiste sans bras dans Limelighf

Ce n'est point seulement pour rendre plus émouvantes les femmes-vîctimes que Stroheim leur attribue ces infirmités

elles fournissent la clé de certains plans,

Le flirt idyllique de Trina (Zasu Pitts) et McTeague (Gibson Gowland) dans Greed (Les Rapaces),

La nuit de noce de The Merry Widow entre Sally O ’H ara (Mae Murray) et le baron Sadoja (Tully Marshall)

des souliers dans The Merry Widow (4)

quand le séducteur attendri enveloppe du man­ teau d'officier la petite fille de The Wedding March ou celle de Queen Kelly,

n'y a-t-il là qu'un geste protecteur •

? L'auteur du roman « Paprika » est bien conscient de toutes ces aberrations érotiques,

de Restif de la Bretonne ou de Sacher-Masoch

Stroheim et Lubitsch Lubitsch signale l'influence qu'eut,

sur les films qu'il tourna aux U

la présentation de A Woman of Paris (L'opinion publique),

à partir de quoi il changea délibé­ rément de style,

délaissant le lourd « slapstick * de ses comédies allemandes pour rechercher la * nonchalance *■ et tourner des sujets élégants

Mais le < society Hlm »,

n'est-il né que de If opinion publique,

? Chaplin n'a-t-il pas pu voir les trois films de la première époque de Stroheim,

et Lubitsch n'a-t-il pu en prendre connaissance soit à Berlin,

soit lors de son arrivée aux U

? Cette attitude ironique et sophistiquée,

envers la vie oisive et le sexe,

Quel abîme toutefois entre Stroheim et Lubitsch

! Il n'y a q u'à comparer le Merry Widow de Stroheim avec la version parlante,

où celui-ci retourne au vaudeville de l'opérette

Stroheim précise que la différence entre lui et Lubitsch est que Lubitsch nous présente un roi sur son >trône,

avant de le montrer dans sa chambre à coucher,

tandis que lui le montre (4) Une scè ne où le b a r o n S£ délecte à la v u e de sou li ers de ie m m e s,

a m a ss é s'da ns une a r m o i r e ,

s été c'oupée p a r la cens ure

Voir certahi-s a p e r ç u s'dé pieds e t ja m b e s

ds et Foo 'is h W iv e s'qui p r é f i g u r e n t les deux c'é l'è b r e s'scènes d'u Et de Bunuel

d'abord dans sa chambre à coucher,

lorsque nous l'observerons sur son

nous n'aurons plus d'illusions’ sur lui (5)

Les vastes parquets miroitants,

les perrons aux marches majestueuses,

les ornements ciselés en stuc ou les boiseries au galbe élégant,

les volutes jaillissant des d'ra ­ peries,

toute cette magnificence d'un monde périmé,

créée p ar un désir nostalgique,

a toujours une allure d'authenticité chez un Stroheim qui,

L'œil avisé de Lubitsch,

contemple toutes ces somptuo­ sités avec la complaisance d'un nouveau riche

ses pieds ne sont p a s'trop assurés sur le parquet glissant,

ils pourraient s'empêtrer dans quelque pli d'un rideau de brocart

Toute la différence entre Lubitsch et Stroheim éclate quand on les voit,

s'attaquer à une situation similaire

la jeune fille délaissée rencontre le landau où a pris place son prince à côté de la princesse : Lubitsch ne présente que le prince en omettant délibérément de braquer la caméra sur celle qu'il a été forcé d'épouser

Stroheim n 'a guère besoin d'une ellipse astucieuse pour résumer une situation tragique,

suit des yeux la calèche princière de The Wedding March

Car comme Chaplin,

Stroheim dédaigne la gratuité des plans prétendus audacieux et des angles insolites

toute la déchéance morale du prince,

il le fait filmer p ar dessous le ventre et à travers les pattes des chevaux de s'a calèche,

gisant ignoblement sur le pavé

Et puis,

nulle part dans l'œ uvre de Stroheim,

la somptuosité des grandes demeures ne nous est présentée uniquement pour elle-même

il nous montre au loin — derrière un vaste premier plan d'e dalles miroitantes,

dans l'immense vestibule du château,

étincelant sous les lumières d'énormes lustres — les marches raides d'un escalier de marbre,

il n’évoque cette splendeur que pour nous faire mieux ressentir le contraste féroce entre ce décor majestueux et la piètre humanité qui le profane : le petit groupe de laquais empressés et d'officiers fêtards qui y trament la forme affaissée du prince ivre,

pour le hisser dans ses appartements royaux

*à la réception dans le palais,

l'am bassadeur américain (6) s'avance,

effaré et ébloui à la fois,

à travers les salons immenses aux parquets lisses et qu'alors nous apparaît,

sur son trône (bien plus tard René Clair s'inspirera,

du ridicule somptueux de The Merry Widow)

Nouveau contraste : l'éclat resplendissant de la procession du Corpus Christï dans le Stefansdom,

quand des flots de lumière ruissellent sur la piètre figure d'un vieux gâteux rhumatisant,

Ainsi Stroheim ne se sert-il jamais d'éclairages savants à seule fin de pittoresque : si dans Queen Kelly,

littéralement entre deux feux,

ce n'est pas seulement pour mettre en valeur la lumière des bougies placées sur la table devant elle et chatoyant sur son visage,

tandis qu'elle est enveloppée d'une sorte de halo lumineux p ar la flambée du feu de cheminée,

C'est un ressort dramatique : Kelly au ra trop chaud

elle se laissera dépouiller du gros manteau d'officier sans s'apercevoir qu'elle ne porte que sa chemise de nuit (7)

Mieux que Lubitsch,

Stroheim sait s'abandonner à son atavisme germanique,

épris des jeux de la lumière avec l'ombre (8)

Atmosphère hallucinante que celle de cette serre où dort la jeune folle de Fooiish Wives

A travers les minces interstices de persiennes à demi-closes,

fraye son chemin dans un air poussiéreux et couvre de barres (5) Po u r to u te s'les p h r a s'e s'qui p r o v ie n n e n t de Stroh ei m,

v o ir cer ta in es not&s de H

W e i n b e r g d'a n s'« Cofîee

B ra n d'y e t C ig a rs » et 'de P e t e r Noble d'a n s'« H ollyw ood S c'a p e g o a t ■—■ th e b io g r a p h y of Erich von Str oheim »,

L o n d'r e s's

(6) L''a m b a s's a d'e u r est de venu 'dans le s'v e rs io n s'd'’a u j o u r d'’hui

ce qui rend a b su r d'e s'les h o n n e u r s'q u ’on lui re nd,

à son a rriv é e ,

ou bien son in vit a ti on c'h ez Je prince de Monaco

(7) S uite d'e s'idées chez Str oheim : dams Q ue en Kelly,

le s'é d'u c'te u r a 'caché le s'v ê t e m e n t s'de Kelly q u ’il a v a i t r a m e n é e éva no ui e du p r é t e n d'u incendie

D'a ng T h e M erry W id o w ,

le s'é d'u c't e u r s'’é ta it ser vi

pour le mê me 'but d''u n e a u t r e ru se : une sou pe r e n v e rs é e su r la rob-e

la s'c'è n e a v a n t le m e u r tr e : l'a silhouette d« M c'T e a g u e se profile,

s u r les p a n n e a u x de la p o r t e

Autre asp e c't ge rm a niq ue ,

é g a l'e m e n t d'a n s'G re e d'

ce g ro s'lo t que Va déefencfrer fe d'é s'a s't r e ,

est un p e rs o n n a g e a u x ÿ è ux singu'

il a u n e r e s'­ sem blanc e f r a p p a n te av ec to u te s'les fig ures s'in is t re s'q u i ,

p e rs o n n ifie n t le « Destin »

Le trio de T h e M erry W id o w : le prince Mirlco (Roy d'’Arey),

Sally (Mae M urray) et le prince D'anilo (John Gilbert)

visage et buste de la dormeuse

Chambre mystérieuse à souhait,

où s'accom­ plira plus tard la tentative de viol el le meurtre

Si l’antre de la sorcière,

a l'allure d'une demeure de romanichel,

où s'entassent rideaux,

coussins et habits curieusement ornementés,

la séduction puisse trouver son écho

Au dîner royal de Queen Kelly,

sur la longue table aux nappes de damas,

les faisceaux d'une centaine de bougies dans leurs précieux candélabres miroitent parmi le cristal et l'argenterie

Derrière les invités se tiennent des courtisans aux costumes brodés,

sur le fond des tapisseries aux figures multiples,

les laquais aux riches livrées

Sur ce fond travaillé,

Une telle atnïosphère rendra mieux perceptible la mésentente entre les deux fiancés princiers,

grâce à ce repoussoir somptueux,

les répliques se chargeront d'éloquence

Contraste créé p ar le montage : dans The Wedding March,

à la douceur des pommiers en fleurs,

s'oppose la tentative de viol dans le bouge du boucher aux murs maculés de graffitis obscènes,

et où pendent les cadavres de porcs et de boeufs

Contraste encore dans la scène du meurtre de Greed qui se déroule presque entièrement sous les branches scintillantes de l'arbre de Noël

Stroheim,

qui dédicace romantiquement un de ses films « à tous les amoureux du monde »,

se délecte de blanches floraisons dans The Wedding March,

The Merry Widow,

Queen Kelly

Gammes de noirs et de blancs,

les nuits au clair de lune promettent d'être douces,

quand les amoureuses s'abandonnent aux séducteurs

Ces arbres en tlenrs expriment-ils la douceur germa­ nique,

correspondent-ils à celui sous lequel se prélasse Siegfried en compagnie de Kriemhïld

? N'oublions pas toutefois que Stroheim,

romantique à la manière d'Henri Heine,

ne renonce pas facilement à son ironie : n'a-t-il pas fait poser,

dans le jardin fleuri des parents de Trina,

la pancarte « Verboîen » (interdiction) de cueillir des fleurs

? La sensibilité de Stroheim jongle avec de claires nuances : se détachant des douces masses d'une verdure printanière,

sur une route en courbe tendre,

le défilé des jeunes pen­ sionnaires de Queen Kelly,

écho subtil des arbres en fleurs qu'on aperçoit au-dessus d'elles

Cependant vient à leur rencontre,

sortes de Lohengrins à l'uniforme de p arade et aux casques étincelants

Chassés-croisés des mouvements et des valeurs blanches : les cavaliers dépassent la rangée des élèves,

qui s'inclinent devant Je prince

après l'incident de la culotte perdue,

les religieuses entraînent rapidement les élèves tandis que les cavaliers les suivent de près

Le pensionnat revient sur ses pas pour les éviter et Stroheim leur fait faire aussitôt demi-tour

Voici des plans prévus dans le découpage : le prince chevauche de droite à gauche,

la surveillante marche avec Kelly de gauche à droite et l'impression d'‘un dialogue vif est ainsi créé p ar l'échange de regards éloquents (pensons aussi au dialogue muet entre Mitzï et son prince charmant à cheval,

et aux violettes échangées au début de The Wecfding March)

Contrepoints des noirs et des blancs : l'attirail des soubrettes ou les musiciennes du bordel de The Merry W idow (ses consceurs du bordel de The Wedding March étant éliminées p ar une censure pudibonde) portant sur leurs corps nus les minces soutien-gorges et cache-sexes noirs,

ainsi que des bandeaux sur leurs yeux

Stroheim,

qui dessinera et créera toujours ses costurfies lui-même,

Il a inventé,

pour la reine perverse de Queen Kelly,

des déshabillés osés qu'elle arbore effrontément sur son corps blanc entièrement nu : ce somptueux manteau

pareils à des valûtes qui s'’élancent,

de vastes parem ents de fourrure blanche est d'un érotisme extrêmement savant

Noire et blanche également la couche nuptiale de The Merry Widow,

avec la jeune mariée en déshabillé de dentelles noires à fourrure blanche

Noir et blanc le sinistre baron én habit de soirée

Quels films en couleurs Stroheim aurait-il pu créer,

si on lui en avait donné l'occasion

D ésir ardent de l'’authenticité Stroheim nous dît que Griffith lut a fait comprendre l'effet psychologique du costume,

Griffith,' précise-t-il,

lui a également enseigné * Je devoir sacré de présenter tout aussi correctement et humainement que possible »

Stroheim surpasse son maître : dans son désir

Les d'ern iers sacrem ents adm inistrés à Z asu P itts d'an s'un e scène coupée de T h e H oneym oon

Gloria Swanson « prise entre deux feux » et W alter Byron dans Queen Kelly

de ne capler que la pure authenticité,

afin que le spectateur cicie que tout ce qu'il voit est vrai,

Stroheim tourne Greed dans de vrais intérieurs à San Francisco où se déroule le roman de Frank Norris,

Il contraint ses acteurs à habiter,

ces chambres misérables aux murs lépreux d'où se détache le papier peint

Et il tourne le meurtre dans la maison même où il avait eu lieu

Il force Gibson Gowland (McTeague) et Jean Hersholt (Marcus) à ictmper des heures infinies à travers l'étendue craquelée de sables salis,

sous un soleil cruel qui fait se boursoufler leur peau de mille ampoules

Saignants,

ils se ruent l'un sur l'autre,

Stroheim nous parle d’une autre découverte de Griffith,

à savoir que < 2e gros plan d'un objet inanimé accentue son importance dramatique »

Il se rend compte que le détail,

rehausse l'authenticité d'un événement

Le nouveau broc d'eau et la cuvette brillante,

sur la commode des jeunes mariés,

indiquent que cette intimité corporelle,

Plus tard,

nous découvrirons la déchéance du * sweet home » en voyant la cuvette d'eau sale et le broc ébréché traînant au milieu des assiettes non lavées

Mente soin en ce qui concerne le comportement des acteurs

Nous comprenons toute' la sor­ didité d'un Marcus en le voyant se nettoyer l'oreille,

s'enfoncer le doigt dans son nez,

se dandiner avec une complaisance aussi huileuse que s'a coiffure de bellâ­ tre,

s a fausse bonhomie ne saura nous tromper longtemps

De même,

quelques indices comme le boucher mâchant ses saucissons,

nous dénoncent l'homme entier

Dans Fooiish Wives,

l'infamie de l'aventurier Serge se révèle par une grimace à peine perceptible,

par un tic brusque qui soulève monocle et sourcil : ou bien c'est un coin de la bouche qui se tortille,

une langue qui se promène sur les lèvres,

un doigt qui gratte insidieusement la nuque lisse (jeu similaire chez le séducteur cynique de Blind Husbands à la vue d'une jolie jambe)

Stroheim enseigne aussi à ses interprètes ces petits gestes de tous les jours,

réactions p sy ­ chiques

Souvenons-nous comment,

il endosse l'uniforme de gala,

tout en fléchissant les genoux en simulacre d'un exercice gymnique : comportement identique chez Roy d'Arcy jouant,

un p er­ sonnage bien stroheimesque (de la première époque) en bombant le lorse,

écarquillant les jam ­ bes,

bref se pavanant en une sorte de danse grotesque

Toujours perspicace Stroheim impose à son McTeague,

acteur peu raffiné tout indiqué pour ce rôle obtus,

beaucoup moins de ces petits gestes q u'à Trina ou à Marcus,

personnages et interprètes plus complexes

Dans le visage malléable de Zasu Pitts,

les paupières palpitent et un petit tic des lèvres minces nous fait comprendre que la jeune femme,

a jaugé son mari qui lui apporte,

au lieu de lui offrir un objet en or (9)

Parfois la mimique contorsionnée de Cesare Gravina,

faux monnayeur de Foolish Wives,

Zerkow dans Greed,

père de Mitzi dans The Wedding March,

Stroheim a su pourtant modérer cet acteur d'origine italienne : cela devient évident quand on voit Gravina se démener,

grimacer à outrance dans toutes les scènes de Merry-GoRound où Rupert Iulian a remplacé Stroheim

Stroheim sait pousser ses interprètes,

et c’est la gloutonnerie g argan ­ tuesque du repas d'e noce de Greed

Il atteint là,

une férocité sans p récé­ dent,

sinon chez Hogarth ou Rowlandson

Les Allemands n'ont guère été choqués lorsque Lang ou Murnau leur ont étalé l'ignoble ivrognerie des philistins teu tonique s,

dans Les (rois lumières et Le dernier des hommes

C'eet quVs menaient dans leur peinture plus d'humour

Au contraire,

dans un grand cinéma de Berlin,

bien des années avant Hitler,

la projection de Greed dut être interrompue dès les p re ­ mières bobines,

quand on voit la famille de Trina — émigrés allemands non encore adaptés à l'Amérique — marchant au pas de l'oie

C'est à son authenticité impitoyable,

son non-conformisme dans la caricature,

que l'œ uvre de Stroheim doit les colères qu'elle a suscitées,

Lotte H

emblème griffithien de et le surréa­

liste son gerait-il à sa « bourgeoise » si on lui citait EL Quoi qu’il en

dans le X anad u de la culture du c'i­ n ép hile,

il y a toujours un « rosebud » qui som m eille

PREMIER MOUVEMENT : « PERDICION » Jadis nos aïeules se perdaient sur un air de valse en lisa n t M a d'a m e B o v a ry

Puis le tango fu t excom m unié tou t com m e Victor M argeritte b ann i de la Légion d’honneur

(Parents qui criti­ quez encore les excentricités choré­ graphiques de vos en fants,

aviez-vous plus fière allure lorsque vous dansiez le charleston

?) Aujourd’hui les jeu ­ n es filles m odernes se d'a m n en t au son du ch a

e t cela est aussi vrai pour la citad in e déterrée de S ain t-G erm ain

que pour la villageoise pom ponnée à la fête locale

Le p hénom ène m érite quelque a tte n tio n

il est certai